Désenchantés, engagés ou épanouis… Dans quel état d’esprit sont les salariés français ?

Une étude dressant 5 portraits robot des Français selon le leur relation au travail vient d'être publiée par Capgemini Consulting. Résultat : La plupart traverse une réelle crise de motivation, qui nécessite un changement radical des méthodes de management et une mutation vers le numérique accélérée.

Voici une étude qui ne va pas redonner le moral aux travailleurs français. Près de deux salariés sur cinq traversent une grave crise de confiance, tant vis-à-vis de l'équipe dirigeante que des représentants du personnel. Pour les jeunes générations, le travail est d'ailleurs vu comme un simple "gagne pain", selon les résultats de la deuxième édition de l'enquête "Les Français au travail" réalisée par Capgemini Consulting avec TNS Sofres.

Seul point positif : étonnamment, la satisfaction au travail progresse (+9%). Cela s'explique par l'augmentation de la valeur d'avoir un emploi en période de crise.

Pour réaliser cette étude, 7.800 salariés (dont 3.000 en France) ont été sondés dans 9 pays pour analyser l'évolution de leur relation au travail depuis 2005, date de la précédente édition. Les résultats ont permis de dresser 5 portraits robot d'employés selon leur rapport à leur job.

1. Les désenchantés (24%) :

Ce sont les plus nombreux. Ils vont chaque matin au boulot par contrainte ou par routine, ils expriment une certaine lassitude vis-à-vis de leur entreprise, considèrent les changements trop rapides. Il s'agit le plus souvent d'ouvriers ou de personnes travaillant dans la distribution, le commerce, le high-tech ou les télécoms.

2. Les distanciés tranquilles (23%) :

Ils voient leur emploi comme un gagne pain sécurisant, sont plutôt optimistes quant à l'avenir mais s'avèrent souvent critiques envers leur manager. Ils sont souvent employés dans le secteur privé.

3. Les engagés (19%) :

Ils sont prêts à faire des sacrifices pour leur vie professionnelle, adhèrent aux orientations stratégiques de l'entreprise. Ces "bons soldats" occupent souvent des postes de dirigeants, travaillent dans les secteurs des services aux entreprises, de la construction ou du BTP.

4. Les angoissés (17%) :

Souvent déçus et méfiants vis-à-vis de leur entreprise, ils sont très pessimistes même s'ils apprécient les contacts humains noués au bureau. Ils sont souvent techniciens, salariés dans des entreprises de plus de 5.000 personnes, dans le secteur public.

5. Les épanouis (17%) :

Ils se sentent utiles à la société, vivent leur travail comme une vocation. On les trouve davantage dans les administrations publiques, l'enseignement ou les personnes ayant à manager des petites équipes.

Les démotivés (soit les désenchantés, les distanciés et les angoissés) forment donc le gros des troupes, la moitié d'entre eux voudrait d'ailleurs changer de job. La remotivation passe par le renforcement des managers de proximité en lien direct avec leurs équipes et qui sont donc les plus enclins à faire changer les états d'esprit.

Autre enseignement intéressant de cette étude : les salariés travaillant pour des groupes étrangers semblent plus confiants. Selon l'institut de sondage TNS Sofres, cela s'explique par une meilleure responsabilisation des équipes : davantage de liberté dans l'organisation du travail, la possibilité de mettre en œuvre de nouvelles idées, une communication interne et managériale plus au point.

La résistance au changement n'est pas là où on l'attend. Le conservatisme semble encore plus marqué dans le haut de nos pyramides organisationnelles que dans le bas, commente l'étude. Pour preuve, plus 50% des top managers sondés dans les six autres pays de l’étude voient la mutation numérique d'un très bon œil notamment pour améliorer leur performance, contre seulement 20% des top managers français.

Cessons de compliquer les organisations. On a construit des organisations matricielles ultra-compliquées qui déresponsabilisent et incitent au désengagement, il faut revenir à un fonctionnement plus simple et plus responsabilisant, insiste Patrick Benoit. Il est vraiment temps pour nombre d’équipes dirigeantes françaises de penser et conduire le changement autrement !". A bon entendeur...

 

Source : Capital